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Le Parc de Marly se repeuple !Le Parc de Marly se repeuple !
Le 4 juin dernier, de nouvelles statues ont été installées dans le parc de Marly. Il s’agit de moulages des œuvres commandées par Louis XIV pour décorer ses jardins, dont les originaux sont conservés au musée du Louvre.
La mise en place des sculptures vise à reconstituer le décor autour du bassin du Fer à Cheval, seul vestige de la Rivière, grande cascade du domaine, remplacée en 1728 par le Tapis Vert, l’actuelle pente gazonnée.
Dès 1696, Louis XIV décide de réaliser à Marly une cascade en profitant du dénivelé naturel du domaine. Comme toujours, le souverain participe activement à l’aménagement des jardins et des bassins.
En 1703, la transformation de la Rivière entraîne des modifications au niveau du Fer à Cheval qui recevait la décharge des eaux de cette cascade. Des parterres de fleurs sont créés et l’un des murs de soutènement du bassin sert désormais à la création d’une allée et reçoit en son centre un escalier qui mène à la nouvelle Rivière comme le montre la gravure de Mariette.
Pour encadrer cet escalier, Nicolas Coustou reçoit, en 1703, la commande de deux groupes de chasseurs. Il livre, en 1706, Méléagre au cerf et Méléagre au sanglier dont les originaux se trouvent dans le jardin du Musée-Promenade. Pour compléter ce décor, le mur de terrassement est orné de huit vases de marbre blanc, ornés de bouquets de fleurs, et de six groupes sculptés. Deux sculpteurs, Antoine Coysevox (1640-1720) et son neveu, Nicolas Coustou (1658-1733), travaillent sur cette commande, payée par Louis XIV sur sa cassette personnelle.
Coysevox réalise un Berger Flûteur, parfois assimilé au dieu Pan, encadré par Hamadryade - une nymphe des bois - et Flore - déesse du Printemps -, ces trois statues étant placées à l’est. Chacune est accompagnée d’un petit enfant facétieux, blotti derrière elle : « Il faut de la jeunesse » aurait souhaité Louis XIV. A l’ouest, les statues de Coustou représentent deux Nymphes, l’une tenant un carquois, l’autre une colombe, qui entourent un Chasseur au repos. En 1707, des modèles en plâtre sont placés en attendant l’achèvement des marbres en 1709. Après la mort de Louis XIV, les six groupes sont transportés, sur ordre du Régent, aux Tuileries en 1716-1717 pour orner le palais de Louis XV.
Depuis 1999, des moulages des statues originales sont régulièrement réinstallées dans le parc : les Méléagre tout d’abord, qui ont réintégrés leur emplacement d’origine, Hamadryade et le Berger flûteur installés depuis 2003 près du Musée-Promenade. En 2010, cinq vases et Flore ont été copiés. Ces éléments et les statues de Coysevox - Hamadryade et le Berger Flûteur - ont rejoint le bas du Fer à Cheval. Cet ensemble sera donc complet après copie des trois œuvres de Nicolas Coustou – le Chasseur au repos et les deux Nymphes – et des trois vases manquants.
Pour remplacer près du Musée-Promenade les statues déplacées, deux nouvelles copies ont été installées. Elles ont été choisies parmi les statues mises en place en 1714 et commandées par Louis XIV en 1710 à différents sculpteurs. Le Roi sollicite des artistes pour qu’ils réalisent des Compagnes de Diane afin d’accompagner la Diane à la biche, copie romaine en marbre d’un bronze grec. René Frémin, Simon Mazière et Pierre Le Pautre livrent trois Compagnes, installées en 1714 et très vite retirées. Celle de Le Pautre ayant disparu, ce sont celles de Mazière et de Frémin qui ont été copiées en 2010.
Cette dernière commande faite par Louis XIV s’inscrit dans la même veine que les précédentes réalisations. A Marly, la statuaire célèbre la chasse, activité favorite du souverain lorsqu’il vient pour un Marly ou même en semaine, s’éclipsant de Versailles pour s’adonner à ce loisir. Les Méléagre, le Chasseur au repos, les Nymphes et les Compagnes de Diane témoignent de cette ambition. Les animaux par leur rendu exceptionnel semblent animés d’une vie intense : le cerf prêt à renoncer, le sanglier qui attend le coup de lance final, les chiens en action : aboyant, sautant… Ces sculptures s’intègrent dans un ensemble décoratif plus global : la valorisation de la nature de cette demeure champêtre qu’était Marly comme l’illustrent le Berger Flûteur, Hamadryade et Flore. Ces figures bucoliques ainsi que les vases au décor fleuri célèbrent les plaisirs d’une résidence de campagne, dont la chasse est l’un des agréments. |