Musée-promenade de Marly-le-Roi Louveciennes
Allée royale du parc de Marly

Château

Jean Ranc (attribué à), Portrait de Louis XIV, fin du XVIIe - début du XVIIIe siècle

Louis XIV (1638-1715), lassé de la Cour, décide d’édifier un nouveau palais dans les années 1670. Son choix se porte sur le vallon de Marly, humide mais giboyeux.

L’aménagement du site commence en 1679. En 1684, la plus grande partie des travaux est achevée. Le roi s’y rend pour la première fois le 23 juillet 1684.

En 1686 a lieu le premier « Marly », terme désignant un séjour au château, en compagnie du roi et de quelques privilégiés.

 

 

Description

Jean Mariette, Plan du rez-de-chaussée du Château de Marly, XVIIIe siècle

L’originalité de ce château réside dans son architecture éclatée installée dans un écrin de verdure. Ce « château-jardin » émane des différentes propositions de ses concepteurs : Louis XIV, le peintre Charles Le Brun puis celle de l’architecte Jules Hardouin-Mansart, dont la participation est effective à partir de 1681.

Le visiteur découvrant Marly pour la première fois ne peut cacher sa surprise, comme l'illustre ce témoignage de Madame Palatine, duchesse d’Orléans, belle-sœur du roi : « On dirait que ce sont les fées qui travaillent ici ». Ce sentiment provient de la magnificence des lieux. Au centre se trouve le pavillon royal. De forme carrée et de plan centré, il s'organise autour d'un grand salon à l'italienne, desservi par 4 vestibules.

Les angles du pavillon sont occupés par 4 appartements : ceux du Roi, de Madame de Maintenon, de Monsieur, frère du Roi, et de Madame, son épouse.

Jacques Rigaud, Vue du château royal de Marli prise à l'entrée principale, deuxième quart du XVIIIe siècle

Les 12 pavillons des invités se déploient de part et d’autre du bassin du Grand Miroir. L’un d’entre d’eux est aménagé, en 1688, en pavillon des bains.

Deux autres pavillons accueillent, dès 1703, les globes de Coronelli.

 

L'ensemble de ces bâtiments est peint en trompe l'œil, à fresque. Le décor représente des éléments architectoniques, des trophées, des bas-reliefs. La polychromie des édifices, rouge, vert, or, lapis-lazuli, s'intègre aux compositions végétales et concourt à l'impression d'un décor de théâtre.

« Sire, Marly »

Venir à Marly, c'est côtoyer le roi pendant quelques jours en cercle restreint, dans son intimité et prendre beaucoup de plaisir dans un lieu où l'étiquette est assouplie. Chasse, promenades, balades dans les gondoles du Grand Miroir, jeux dans les jardins (escarpolette, ramasse, mail...) contribuent à divertir les invités. Dans le pavillon royal, bals, concerts, jeux de cartes, loteries, parties de billards animent les journées.

L'invitation aux « Marlys » devient l'une des faveurs royales les plus recherchées et participer à un « Marly » est un privilège. Il faut pour cela solliciter le Roi, d'où la célèbre expression de Saint-Simon « Sire, Marly... ». Cette grâce n'est accordée qu'à peu d'élus, 60 à 100 personnes par séjour. Certains membres de la Cour sont ainsi de tous les voyages quand d'autres ne viennent qu'une fois et certains jamais. Le nom des heureux élus d'un séjour figure sur une liste, diffusée peu avant le départ, longuement commentée par la Cour.

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