Musée-promenade de Marly-le-Roi Louveciennes
Maquette de la machine à vapeur de F.-C. Cécile et L. Martin, détail

La machine hydraulique

Elément indissociable de tout jardin, et en particulier des jardins royaux, l’eau à Marly étonne par son abondance et marque esprits et mémoires des contemporains de Louis XIV.

 

La machine de Louis XIV

Maquette de la machine hydraulique de Louis XIV

Cette profusion hors du commun provient d’une machine hydraulique inaugurée en 1684, dont la création est attribuée à deux Liégeois, le charpentier de génie Rennequin Sualem (1645-1708) et le baron Arnold de Ville (1653-1722).

L’énorme engin pompe et transporte l'eau de la Seine, située à plus de 1500 mètres du château, jusqu'aux réservoirs situés en bordure du parc.

 

Poilly, La Machine de Marly, première moitié du XVIIIe siècle

Pendant plus de 5 ans, près de 1800 hommes ont travaillé sur le chantier.

Etrange mélange de matériaux (bois, fonte, fer, cuir…), la machine se compose de 14 roues de 12 mètres de diamètre qui actionnent plus de 250 pompes sur différents niveaux.

La montée de l’eau se fait en trois temps : de la Seine à un premier réservoir, puis jusqu’à un deuxième et enfin jusqu’à l’aqueduc de Louveciennes, d’où elle se dirige vers les réservoirs de Marly et Louveciennes.

Elle rejoint ensuite le Regard du Jongleur, d’où, selon les besoins, elle est envoyée soit à Versailles soit à Marly.

Jeton de la machine de Marly, 1684

Prévue pour apporter 5000 m3 d’eau par jour, elle n’éleva jamais plus de 2500 m3 .

A la fin du XVIIIe siècle, on envisage de changer la machine. Son abandon est décidé en 1802 par le Premier Consul Napoléon Bonaparte.

Entre l’arrêt définitif de la machine de Louis XIV en 1817, après plus de 130 ans de fonctionnement, et la création d’une machine mue par la vapeur, symbole de modernité, différents projets sont proposés pour continuer à approvisionner en eau potable les habitants de Versailles.

Celui de l’architecte François-Charles Cécile est réalisé : une machine hydraulique provisoire tourne, jusqu’en 1817, en même temps que la machine de Louis XIV.

 

La machine à vapeur

Maquette de la machine à vapeur de F.-C. Cécile et L. Martin, détail

La machine hydraulique provisoire fonctionne ensuite en même temps que la machine à vapeur.

Cette dernière est conçue par l’ingénieur-mécanicien Louis Martin et l’architecte François-Charles Cécile, assemblée en 1825 et installée à Bougival dans un bâtiment, dit Charles X du nom de son inaugurateur.

C’est une machine à vapeur à double effet de type Watt, qui fonctionne de façon satisfaisante dès 1827. Cependant, son coût d’exploitation demeurant très élevé, son remplacement est décidé en 1837.

 

La machine de Dufrayer

Emile Bourdelin, Nouvelle machine hydraulique de Marly, deuxième moitié du XIXe siècle

Entré à la machine en 1839, Xavier Dufrayer est chargé de concevoir une nouvelle machine hydraulique moderne de plus grande échelle.

En effet, il s’agit désormais d’alimenter en eau non seulement Versailles mais aussi Saint-Cloud, résidence impériale de Napoléon III.

Ainsi naît la nouvelle machine hydraulique, mise en service en 1858. Elle remplace définitivement en quelques années la machine hydraulique provisoire, puis la machine à vapeur.

Composée de six roues actionnant chacune quatre pompes, elle permet un débit de 18 000 m3 par jour.

 

Maurice Hanotte, Une conduite d'eau du parc de Marly, 1932
La fin de la machine

Peu à peu, la qualité des eaux de la Seine devenant impropre à la consommation, il est nécessaire d’utiliser l’eau des nappes phréatiques. Des forages sont exploités à la vapeur, puis électrifiés à partir de 1900. Une machine à vapeur de secours est construite en 1905.

La machine hydraulique fonctionne jusqu’en 1963, effectuant une partie de ces pompages. Elle est détruite en 1969.

De ce complexe hydraulique subsistent les réservoirs de Marly, le Regard du Jongleur, l’aqueduc de Louveciennes, le bâtiment Charles X, la conduite d’eau sur le coteau de Bougival, des canalisations souterraines et des vestiges hydrauliques dans le parc de Marly.

 

 

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